🌹 Sensuel
Correspondance nocturne
Des lettres échangées dans le secret de la nuit entre deux esprits qui n'osent pas encore se voir.
Madame,
Il est trois heures du matin et je vous écris à la lumière d'une chandelle qui se consume plus vite que ma raison.
Votre dernier billet — celui que votre servante a glissé sous ma porte hier au soir — m'a empêché de dormir. Non par ce qu'il disait, mais par ce qu'il taisait avec tant d'élégance.
Vous écrivez : « Je pense à vous parfois. » Parfois. Ce mot m'a occupé toute la nuit.
Combien de fois est parfois ?
Je voudrais savoir si c'est le matin, quand la lumière entre dans votre chambre. Ou le soir, quand vous défaites vos cheveux devant le miroir. Ou à ces heures troubles de la nuit où l'on n'est plus tout à fait soi-même.
Dites-moi, madame. La franchise est la seule politesse qui vaille entre nous.
Votre très troublé,
A.
Il est trois heures du matin et je vous écris à la lumière d'une chandelle qui se consume plus vite que ma raison.
Votre dernier billet — celui que votre servante a glissé sous ma porte hier au soir — m'a empêché de dormir. Non par ce qu'il disait, mais par ce qu'il taisait avec tant d'élégance.
Vous écrivez : « Je pense à vous parfois. » Parfois. Ce mot m'a occupé toute la nuit.
Combien de fois est parfois ?
Je voudrais savoir si c'est le matin, quand la lumière entre dans votre chambre. Ou le soir, quand vous défaites vos cheveux devant le miroir. Ou à ces heures troubles de la nuit où l'on n'est plus tout à fait soi-même.
Dites-moi, madame. La franchise est la seule politesse qui vaille entre nous.
Votre très troublé,
A.
Monsieur,
Vous me demandez combien de fois.
Toujours serait la réponse honnête, mais elle vous donnerait trop de pouvoir sur moi, et je ne suis pas encore décidée à vous l'accorder.
Disons donc : souvent. Trop souvent pour une femme qui se croyait raisonnable.
Votre lettre tremble légèrement — j'imagine que c'est la flamme de votre chandelle qui fait danser votre écriture. Je préfère imaginer que c'est autre chose.
Vous souhaitez savoir si je pense à vous quand je défais mes cheveux. Monsieur, vous n'avez aucun droit de me poser cette question.
Mais puisque vous l'osez — oui.
C.,
qui ne dort pas non plus.
Vous me demandez combien de fois.
Toujours serait la réponse honnête, mais elle vous donnerait trop de pouvoir sur moi, et je ne suis pas encore décidée à vous l'accorder.
Disons donc : souvent. Trop souvent pour une femme qui se croyait raisonnable.
Votre lettre tremble légèrement — j'imagine que c'est la flamme de votre chandelle qui fait danser votre écriture. Je préfère imaginer que c'est autre chose.
Vous souhaitez savoir si je pense à vous quand je défais mes cheveux. Monsieur, vous n'avez aucun droit de me poser cette question.
Mais puisque vous l'osez — oui.
C.,
qui ne dort pas non plus.
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